On dit "mets tes limites", es-tu capable toi de reconnaître les tiennes ?
As-tu déjà eu cette journée où tu t'es levé·e le matin, et tu avais cette impression d'être en retard sur toi-même ? Oui oui toi-même ?
Pas en retard sur ton agenda...non ! En retard sur toi.
Comme si ton corps avait commencé la journée en mode défense avant même que tu aies bu ton premier café.
Aujourd'hui, j'ai décidé de parler de quelque chose qu'on entend tout le temps, mais qu'on comprend rarement vraiment.
Les limites
"Mets tes limites"
On l'entend partout : dans les podcasts, dans les formations, dans les conversations entre amis autour d'une bière. C'est devenu le conseil par défaut quand quelqu'un est à bout.
Mais voilà ce qu’on ne dit pas :
C'est quoi, une limite, concrètement ?
Comment tu sais que tu es en train d'en dépasser une avant de frapper le mur ?
Parce que le mur, lui, il ne prévient pas, il arrive et là tu ne te relèves pas en une nuit.
Une limite, ce n’est pas un caprice, ni de la faiblesse et surtout ce n’est pas toi qui n’es pas tough.
C'est juste ton système nerveux qui envoie un signal de protection. Comme un voyant sur le tableau de bord de ta voiture. Tu as le choix de le regarder ou de mettre du tape dessus.
Mais le moteur, lui, il s'en fout de ta décision.
Alors comment tu sais que tes limites sont en train de s'activer ?
Laisse-moi te poser six questions…(c'est assez pour aujourd'hui ah ah)
1. Est-ce que tu réponds plus vite que tu penses ?
Quelqu'un te demande quelque chose et tu as déjà dit oui avant même d'avoir fini d'entendre la question. Tu te reconnais là-dedans ?
Savais-tu que n’est pas de la générosité ça, c'est de la surcharge.
Quand le système nerveux est saturé, il passe en mode réactif, il gère, il éteint des feux et il répond avant de réfléchir parce que réfléchir prend de l'énergie qu'il a plus.
Tu as l'impression d'être efficace, mais au fond tu es juste en train de survivre à ta journée.
2. Est-ce que les petits irritants te rentrent dedans comme jamais ?
Genre le collègue qui mâche fort, la réunion qui commence en retard, le texto qui reste sans réponse...
Dans une autre vie, ou juste la semaine passée, tu t'en foutais, mais là, ça te fait gripper au plafond.
Ce n’est pas toi qui es devenu·e une mauvaise personne... Non non, c'est juste ton seuil de tolérance qui a baissé parce que ton système a plus d'espace tampon.
Quand le verre est plein, la moindre goutte déborde.
3. Est-ce que t'es fatigué·e d'une façon que le sommeil ne règle pas ?
Tu as dormi huit heures et tu es encore épuisé·e.
Tu as pris une fin de semaine, mais tu n’as pas vraiment décroché.
Tu es parti·e en vacances, mais tu as continué à surveiller tes courriels...pareil !!
La fatigue nerveuse, ça ne se règle pas avec du sommeil.
Ça se règle avec de la récupération réelle, du vrai temps où ton système croit qu'il peut se déposer sans que le monde s'effondre.
Et souvent, on est tellement habitué·e à être sur le go qu'on sait même plus comment faire ça.
4. Est-ce que tu dis oui en sachant que tu vas le regretter ?
Tu as dit oui à ce projet, à ce souper ou à ce service que quelqu’un te demande.
Et pendant que tu disais oui, une petite voix en dedans disait non, non, non, non.
Ce n’est pas un manque de discipline ça, c'est ton cerveau en mode "éviter le conflit".
Il a calculé que dire non allait coûter plus cher émotionnellement que de dire oui et de se ramasser avec une semaine de plus sur les épaules.
Le problème, c'est que ce calcul-là est faux, mais ton système nerveux, lui, il ne le sait pas encore.
5. Est-ce que t'arrives plus à te déposer même quand tu as du temps ?
Tu as une soirée libre, mais tu n’es pas capable de juste... être là.
Tu scrolles, tu ranges des affaires qui n’ont pas besoin d'être rangées.
Tu penses à ta to-do list de demain et tu te sens coupable de pas être productif·ve.
Je te rassure...ce n’est pas de la paresse à l'envers.
C'est juste ton système qui reste en activation parce qu’il ne croit pas encore que ce soit sécuritaire de ralentir.
Il a été en mode alerte tellement longtemps qu'il sait plus comment faire autrement.
6. Est-ce que tu sens que tu t'éloignes tranquillement de toi-même ?
C'est le plus subtil et souvent le plus important.
C'est cette impression que tu es en train de jouer un rôle dans ta propre vie.
Que tu fais les bonnes affaires, que tu dis les bonnes choses, mais que quelque chose en dedans est de moins en moins là.
Tu as de la misère à te rappeler ce qui te fait vraiment du bien, ce qui te recharge, ce qui te fait sentir vivant·e.
Ce n’est pas une crise, c'est une dérive douce, tranquille, et tellement normalisée qu’on ne la voit pas venir.
Alors qu'est-ce qu'on fait avec tout ça ?
D'abord, on arrête de se juger.
Ces signaux-là, ce ne sont pas des preuves ne que t’es pas capable.
Ce sont juste des preuves que t'es humain·e.
Que ton système fait ce qu'il est censé faire : te protéger.
Le problème, c'est qu'on vit dans un monde qui a normalisé d’ignorer ces signaux. Qui valorise la résilience au point où on confond endurer avec être fort·e.
Endurer, ce n’est pas une force, c'est une stratégie de survie.
Les limites, elles ne sont pas là pour restreindre ta vie. Elles sont là pour protéger ce qui te permet d'être pleinement toi.
Ton énergie.
Ta clarté.
Ta capacité d'être là pour ce qui compte vraiment et ça, ça ne commence pas par une liste de règles à appliquer.
Ça commence par apprendre à s'écouter avant que le corps soit obligé de crier.
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👉 Alors dis-moi, lequel de ces six signaux te parle le plus ces temps-ci à l’approche de l’été ?

