Et si les plus beaux moments étaient justement ceux qu'on n'avait pas prévus?
L'été me fait toujours sourire. Pas seulement pour le soleil ou les vacances. Parce qu'il révèle quelque chose de très particulier chez nous.
On passe des mois à attendre cette période. On se dit qu'on va enfin ralentir. Qu'on prendra le temps. Qu'on improvisera un peu plus.
Puis les vacances arrivent, et on recommence presque instinctivement à tout organiser. La sortie de mardi. Le souper de vendredi. La randonnée avant qu'il fasse trop chaud. Le marché public. La visite chez des amis.
Je me reconnais là-dedans. J'aime organiser. J'aime prévoir. Et il n'y a rien de mal à ça.
Mais un jour, je me suis rendu compte que j'organisais mes vacances exactement comme j'organisais mes semaines de travail. Je voulais optimiser mon temps. Ne rien manquer. Comme si les vacances étaient devenues un projet à réussir.
Ce que le cerveau fait quand on ne lui donne rien à faire
Il y a un réseau dans notre cerveau qu'on appelle le réseau du mode par défaut. Il s'active justement quand on ne lui donne pas de tâche précise à accomplir. Quand on marche sans destination. Quand on regarde le paysage défiler par une fenêtre. Quand on laisse une conversation dériver sans savoir où elle nous mène.
C'est ce réseau qui fait les liens entre nos idées. Qui consolide nos souvenirs. Qui nous permet, parfois, d'arriver à une solution à laquelle on n'aurait jamais pensé en la cherchant activement.
Autrement dit, ce n'est pas un hasard si nos meilleures idées et nos souvenirs les plus marquants naissent souvent dans les moments qu'on n'avait pas remplis. Le cerveau a besoin de ces espaces vides pour effectuer son travail le plus créatif. Un agenda rempli à la minute près lui laisse rarement la chance de s'y mettre.
La peur de passer à côté
Je pense qu'on vit dans une époque où tout nous rappelle ce qu'on pourrait faire. Les réseaux sociaux débordent de suggestions. Les dix plus belles plages. Les activités incontournables.
On regarde tout ça avec enthousiasme. Puis, sans même s'en rendre compte, une petite voix apparaît.
« Il faudrait qu'on fasse ça, nous aussi. »
Et doucement, le plaisir laisse un peu de place à la pression. Une pression discrète. Celle de vouloir bien vivre nos vacances.
Pourquoi on se souvient surtout de ce qui n'était pas prévu
Il y a quelques semaines, quelqu'un m'a demandé quel était mon plus beau souvenir d'été. Je me suis revue assise autour d'un feu avec des amis. Personne ne regardait l'heure. À un moment donné, quelqu'un est allé chercher une guitare. Personne n'avait prévu ça.
Ce n'est pas un hasard non plus si ce genre de moment reste gravé. Notre cerveau retient plus fortement ce qui sort de la routine attendue. Un moment surprenant, chargé d'émotion, active davantage l'hippocampe, la région qui grave nos souvenirs. Un moment planifié à la minute près, aussi agréable soit-il, laisse souvent une trace plus pâle, parce que le cerveau l'avait déjà anticipé.
C'est peut-être pour ça qu'on garde si peu de souvenirs précis de nos horaires les mieux réussis, et tant de souvenirs vifs de nos détours.
Et si on arrêtait de vouloir réussir nos vacances?
Je crois qu'on porte parfois une drôle d'idée. Celle qu'une belle journée est une journée bien remplie. Et si ce n'était pas toujours vrai?
Je pense que la valeur d'une journée ne se mesure pas toujours à ce qu'on a fait. Parfois, elle se mesure simplement à la façon dont on l'a vécue, et à l'espace qu'on a laissé au cerveau pour en faire quelque chose.
🌿 Une minute pour soi
Cette semaine, laissez volontairement un espace vide dans votre agenda. Pas pour y ajouter quelque chose plus tard. Pour qu'il reste vide. Ce n'est pas du temps perdu. C'est le moment où votre cerveau, enfin libéré d'une tâche précise, peut faire ses meilleurs liens. Puis observez ce qui se passe. Peut-être que vous en profiterez pour appeler une amie. Peut-être que vous ne ferez absolument rien. Et ce sera parfait.
Avant de vous quitter, j'aimerais vous laisser avec une question.
Dans quelques années, vous souviendrez-vous davantage de tout ce que vous aurez réussi à faire, ou de ce que vous aurez réellement pris le temps de vivre?
Je vous souhaite un été rempli de moments qui ne rentreront peut-être dans aucun horaire, mais qui trouveront longtemps leur place dans vos souvenirs.
À la semaine prochaine.
Marilène Bolduc ✨ Révélatrice d'impact Coach et praticienne certifiée en neurosciences appliquées Fondatrice de Novaï Coach
🌿 L'Espace Novaï Chaque semaine, une réflexion pour mieux comprendre ce qui se passe en dedans... avant de chercher à changer ce qui se passe en dehors.
Cette semaine, je vous laisse avec cette pensée : Les plus beaux moments ne sont pas toujours ceux qu'on avait planifiés. Ce sont souvent ceux pour lesquels on avait simplement laissé un peu de place.

