Avant de remplir votre agenda pour l’automne, avez-vous pensé à protéger votre énergie ?
À la fin du mois d'août, j'ai longtemps eu le même rituel.
J'ouvrais mon agenda, je regardais toutes les cases encore vides et presque automatiquement, je commençais à les remplir.
Des rencontres
Des projets
Des appels
Des échéances
Chaque nouvelle inscription me donnait l'impression d'avoir le contrôle.
Aujourd'hui, je réalise que j'avais surtout organisé mon temps.
Pas nécessairement la façon dont j'allais traverser les semaines qui s'en venaient.
Pourquoi un agenda bien rempli peut finir par nous épuiser
Pendant longtemps, je croyais que la fatigue venait d'un manque d'organisation.
Alors je planifiais davantage, je déplaçais des rendez-vous, j'optimisais mes journées.
Je cherchais les meilleurs moments pour être efficace, mais je ne me demandais presque jamais une chose.
Est-ce que cette semaine laissera suffisamment d'espace à mon cerveau pour récupérer?
Je réservais du temps pour travailler, mais très peu pour reprendre mon souffle.
Et je me demandais ensuite pourquoi, dès le jeudi ou le vendredi, tout me demandait plus d'efforts.
Ce que les neurosciences nous rappellent
Nous avons souvent l'impression que notre cerveau est capable de maintenir le même niveau d'attention, de concentration et de prise de décision du matin jusqu'au soir.
Pourtant, ce n'est pas ainsi qu'il fonctionne.
Chaque décision que nous prenons, chaque interruption, chaque changement de tâche sollicite le cortex préfrontal. C'est cette région du cerveau qui nous permet de planifier, d'analyser une situation, de résister aux automatismes et de faire des choix réfléchis.
Plus cette région travaille longtemps sans récupération, plus elle devient coûteuse sur le plan énergétique.
Ce n'est pas parce que le cerveau manque soudainement de carburant, c'est un mécanisme de protection.
Lorsque les ressources diminuent, le cerveau cherche naturellement à économiser ses efforts. Les décisions deviennent plus difficiles, la concentration baisse, la patience s'effrite et nous revenons plus facilement vers des réactions automatiques.
C'est ce qu'on appelle la fatigue décisionnelle.
Ce n'est pas un manque de discipline, c'est juste le signe qu'un cerveau a beaucoup donné... sans avoir eu suffisamment d'occasions de récupérer.
Voilà pourquoi je ne planifie plus seulement mon temps, ,mais je planifie aussi les moments où mon cerveau pourra souffler, avant d'en avoir absolument besoin.
Ce que j'essaie maintenant de protéger
Aujourd'hui, lorsque j'ouvre mon agenda, je ne regarde plus seulement ce que je dois faire.
Je me demande aussi comment j'ai envie de vivre cette semaine.
Si je veux être pleinement présente avec les personnes que j'accompagne, j'ai besoin de moments où personne n'attend rien de moi.
Si je veux rester créative, je ne peux pas remplir chaque espace libre.
Si je veux prendre de bonnes décisions, je dois accepter que mon cerveau ne fonctionne pas au même rythme toute la journée.
Curieusement, les rendez-vous les plus importants de mon agenda ne sont plus toujours liés à mon travail.
Une marche.
Un dîner sans écran.
Quelques minutes pour respirer avant une journée chargée.
Ces moments-là ne sont plus des récompenses, ils font maintenant partie du plan.
Parce que je sais que si je les laisse au hasard...ce sont eux qui disparaîtront les premiers.
🌿 Une minute pour soi
Avant de fermer cette infolettre, ouvrez votre agenda.
Pas pour ajouter une tâche...pour protéger un espace.
Un seul, un moment qui permettra à votre cerveau de récupérer avant d'en avoir réellement besoin.
Puis posez-vous cette question.
Si ce rendez-vous était avec quelqu'un que j'aime...est-ce que je l'annulerais aussi facilement?
Pourquoi serait-ce différent lorsqu'il s'agit de moi?
Avant de vous quitter, j'aimerais vous laisser avec cette pensée.
Nous passons beaucoup de temps à organiser nos journées.
Et si nous commencions à organiser notre énergie avec le même soin ?
Je ne crois pas que l'équilibre apparaisse par hasard, je crois qu'il se construit dans les choix que nous faisons... avant même que notre agenda soit rempli.
Je vous souhaite une rentrée où votre horaire reflétera non seulement ce que vous avez à faire...mais aussi la personne que vous souhaitez demeurer.
À la semaine prochaine.

