Et si ce que vous ressentez essayait simplement de vous dire quelque chose?

Il y a une phrase que je me suis souvent dite :

« Je ne comprends pas pourquoi je réagis comme ça. »

Peut-être que vous vous l'êtes déjà dit vous aussi.

  • Une remarque qui nous touche plus que d'habitude.

  • Une impatience qui arrive plus vite.

  • Une tristesse qu'on n'avait pas vu venir.

Pendant longtemps, ma première réaction était toujours la même.

Je voulais que ça passe, le plus vite possible.

Ce qui se passe dans le cerveau quand une émotion nous submerge

Une émotion forte, comme l'impatience ou l'irritation, prend souvent naissance dans l'amygdale, une petite structure du cerveau qui réagit très vite, avant même qu'on ait eu le temps d'y réfléchir.

Son travail, c'est de repérer ce qui pourrait être une menace ou une surcharge, et de déclencher une réaction immédiate.

Le cortex préfrontal, lui, est la partie du cerveau qui nous permet de prendre du recul, de nuancer, de choisir notre réponse plutôt que de simplement réagir.

Le problème, c'est que sous le coup d'une émotion intense, l'amygdale prend momentanément le dessus, et le cortex préfrontal a plus de difficulté à faire son travail de régulation.

C'est pour ça qu'on peut répondre sèchement à quelqu'un, puis se demander cinq minutes plus tard pourquoi on a réagi comme ça.

Je vous rassure, ce n'est pas un manque de contrôle, c'est une structure du cerveau qui a fait exactement ce pour quoi elle est programmée. (Hey oui !!)

Nommer, pas juste ressentir

Il y a une découverte en neurosciences que je trouve fascinante. Le simple fait de nommer une émotion, de mettre un mot dessus, réduit l'activité de l'amygdale et redonne de l'espace au cortex préfrontal. On appelle parfois ça l'étiquetage affectif.

  • « Je suis fatigué.e aujourd'hui. »

  • « Je suis préoccupé.e. »

Ces phrases toutes simples ne font pas disparaître ce qu'on ressent, mais elles changent la façon dont le cerveau le traite. Donc, on passe d'une réaction automatique à une réponse un peu plus consciente.

L'autre jour, dans un café, j'ai entendu une maman dire à son jeune garçon :

  • « Excuse-moi, mon cœur, je suis fatiguée aujourd'hui. Ce n'est pas contre toi. »

Cette phrase a probablement fait plus pour calmer la situation que n'importe quelle tentative de se contrôler en silence.

Comprendre avant de corriger

En neurosciences, il y a une idée que j'aime particulièrement, c'est que notre cerveau ne produit pas des réactions au hasard.

L'amygdale cherche constamment à nous protéger, même quand sa réaction n'est pas toujours la plus adaptée à la situation.

Ça ne veut pas dire que toutes nos réactions sont idéales, mais avant de vouloir les faire taire, il vaut souvent mieux comprendre ce qu'elles essaient de signaler.

Une impatience qui revient souvent après plusieurs journées bien remplies n'est pas un défaut de caractère comme on se l'imagine. C'est peut-être simplement un système d'alerte qui fonctionne exactement comme il le devrait, dans un contexte où on lui en a trop demandé.

Une question qui change tout

Aujourd'hui, lorsque je remarque que quelque chose bouge en moi, j'essaie de remplacer une vieille habitude. Au lieu de me demander « Qu'est-ce qui ne va pas avec moi ? », je me demande « Qu'est-ce qui est en train de se passer en moi ? »

C'est une façon simple de donner au cortex préfrontal la chance de reprendre sa place, plutôt que de rester coincée dans la réaction de l'amygdale.

🌿 Une minute pour soi

Cette semaine, la prochaine fois qu'une réaction vous surprendra, ne cherchez pas immédiatement à la faire disparaître.

Prenez une respiration et puis nommez, même intérieurement, ce que vous ressentez.

  • « Je suis impatient.e. »

  • « Je suis découragé.e. »

Ce simple geste redonne de l'espace à la partie de votre cerveau qui peut choisir une réponse plutôt que de simplement réagir.

Avant de vous quitter, j'aimerais vous laisser avec cette pensée.

Nous passons beaucoup de temps à essayer de devenir une meilleure version de nous-mêmes et si, parfois, le premier pas consistait simplement à mieux comprendre la personne que nous sommes déjà ?

Je vous souhaite une semaine remplie d'un peu plus de curiosité, et d'un peu moins de jugement envers vous-même.

À la semaine prochaine.

Suivant
Suivant

Pourtant, je me suis reposé(e)...