Pourtant, je me suis reposé(e)...

Il y a une phrase que j'entends souvent. « Pourtant, je me suis reposé(e) »

Elle est parfois suivie d'un silence, comme si la personne essayait de comprendre ce qui lui échappait.

  • Elle a dormi davantage.

  • Elle a pris quelques journées de congé.

Et pourtant, elle ne sent pas qu'elle a complètement récupérée.

Pendant longtemps, je pensais que le repos fonctionnait un peu comme une batterie. On ralentit quelques jours, on dort un peu plus, et tout revient comme avant. Avec le temps, j'ai compris que c'était souvent plus complexe que ça.

Arrêter et récupérer ne sollicitent pas la même chose

Notre système nerveux fonctionne un peu comme un régulateur à deux vitesses.

  • Il y a la branche sympathique, celle qui nous garde en état d'alerte, prête à réagir, à décider, à répondre et ...

  • Il y a la branche parasympathique, celle qui permet au corps de digérer, de réparer, de récupérer vraiment.

Arrêter de travailler suffit souvent à mettre le corps en pause. Mais ça ne suffit pas toujours à faire basculer le système nerveux de son mode alerte vers son mode récupération.

On peut très bien être assis sur une plage, sans aucune tâche à accomplir, avec un système nerveux encore branché sur la vitesse de la semaine précédente.

C'est pour ça qu'on peut dormir davantage sans se sentir vraiment reposé. Le sommeil aide, mais il ne suffit pas toujours à lui seul à faire ce basculement.

Une fatigue qui s'accumule sans qu'on la voie

Quand on vit plusieurs semaines, ou plusieurs mois, en mode alerte prolongé, le corps sécrète du cortisol de façon presque continue. On appelle parfois ça une charge allostatique, l'usure que subit le corps quand il doit s'adapter sans relâche à des exigences constantes.

Cette charge ne disparaît pas après deux jours de congé.

Elle prend le temps qu'elle a pris à s'installer. Je trouve cette idée profondément rassurante.

Elle enlève une partie de la culpabilité. Car non, ce n'est pas une question de volonté. C'est juste le corps suit son propre rythme de récupération, pas celui de notre agenda.

Les signaux qu'on balaie du revers de la main

Notre corps nous parle rarement d'un seul coup. Il commence souvent par chuchoter.

  • Une fatigue qui s'installe.

  • Une irritabilité qui apparaît plus vite qu'avant.

Ce sont des signes que le système nerveux tourne encore en mode alerte, même quand rien ne presse réellement.

J'aime voir ces signaux comme des indicateurs sur le tableau de bord d'une voiture. Quand un voyant s'allume, on ne tape pas dessus pour qu'il disparaisse. On se demande ce qu'il essaie de nous dire.

La question qui a changé mon regard

Aujourd'hui, quand je sens que mon énergie n'est plus la même, j'essaie d'éviter une question. « Qu'est-ce qui ne va pas avec moi? » Elle ouvre rarement une porte.

À la place, j'en choisis une autre.

« De quoi ai-je besoin en ce moment? »

Parfois, la réponse est du repos.

Parfois, c'est une vraie pause, suffisamment longue pour laisser au système nerveux le temps de basculer.

🌿 Une minute pour soi

Aujourd'hui, prenez une minute.

Pas pour analyser votre journée. Juste pour vous poser une seule question.

De quoi ai-je besoin aujourd'hui?

  • Pas demain.

  • Pas cet été.

  • Aujourd'hui. Vous n'aurez peut-être pas une grande réponse. Mais vous aurez commencé à écouter, et c'est souvent là que tout commence.

Avant de vous quitter, j'aimerais vous laisser avec une pensée. Nous passons beaucoup de temps à nous demander comment être plus performants. Et si nous passions un peu plus de temps à nous demander comment être un peu plus à l'écoute de notre système nerveux?

Je vous souhaite une semaine où vous n'aurez pas besoin d'être plus fort. Seulement un peu plus attentif à ce que votre corps essaie peut-être déjà de vous dire.

À la semaine prochaine.

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Et si on retrouvait notre capacité à nous émerveiller?