Et si on arrêtait de vouloir rentabiliser chaque moment?

L'autre matin, je suis partie marcher. Avant même de fermer la porte, une pensée m'a traversé l'esprit. « Je pourrais écouter un balado. »

Quelques secondes plus tard, une autre idée. « Ou un livre audio. »

J'ai souri. Parce que je partais simplement marcher. Et, sans même m'en rendre compte, j'étais déjà en train de chercher comment rendre cette promenade plus utile.

Je pense qu'on est nombreux à vivre comme ça.

  • On prend un café en répondant à des messages.

  • On cuisine en écoutant un balado.

  • On marche en apprenant quelque chose.

Comme si chaque minute libre devait absolument servir à quelque chose.

Ce que le cerveau paie quand on fait deux choses à la fois

On aime croire qu'on peut faire deux choses en même temps. En réalité, le cerveau ne traite presque jamais deux tâches en parallèle. Il bascule très rapidement de l'une à l'autre. Et chaque bascule a un coût.

Les chercheurs appellent ça le coût du changement de tâche. Chaque fois qu'on passe d'une activité à une autre, même quelques secondes, le cerveau doit désengager son attention de la première avant de pouvoir vraiment s'investir dans la deuxième. Il existe même un phénomène qu'on appelle l'attention résiduelle, cette partie de notre esprit qui reste accrochée à ce qu'on vient de quitter, même après avoir changé de tâche.

C'est pour ça qu'une marche accompagnée d'un balado nous laisse rarement l'impression d'avoir vraiment marché, ni d'avoir vraiment écouté. On a fait les deux à moitié.

Toujours faire deux choses

Pendant longtemps, j'avais l'impression de bien utiliser mon temps lorsque je réussissais à superposer les activités. Une marche, et un balado. Un trajet, et un appel.

Je trouvais ça efficace. Aujourd'hui, je me demande ce que j'ai perdu dans cette façon de vivre. Parce qu'en voulant tout optimiser, mon attention n'était jamais complètement dans le moment que je vivais.

Elle était divisée, et une attention divisée, même entre deux choses agréables, coûte de l'énergie mentale sans qu'on s'en aperçoive.

Ce que je remarque maintenant

Depuis quelques semaines, j'essaie une petite expérience.

  • Quand je marche, je marche.

  • Quand je prends un café, je prends un café.

Je n'y arrive pas toujours.

Mais je remarque une chose. Ces moments ont une autre couleur.

Ils semblent durer un peu plus longtemps. Je les goûte davantage. Ce n'est pas étonnant. Une attention pleinement dirigée vers une seule chose demande moins d'effort de gestion au cerveau que deux tâches partagées. Il reste littéralement plus de ressources disponibles pour savourer ce qu'on vit.

Ce n'est pas une question de productivité

Je ne suis pas contre les balados. Ni contre les livres audio. Ce n'est pas ça, le sujet.

Le sujet, c'est la place qu'on laisse encore aux moments qui n'ont pas besoin d'être transformés en autre chose.

Une promenade peut-elle être seulement une promenade?

Un repas peut-il être seulement un repas?

🌿 Une minute pour soi

Cette semaine, choisissez un moment que vous aimez déjà. Votre café du matin. Une promenade. Et faites une seule expérience. Ne mettez rien en arrière-plan. Ne faites rien d'autre.

Laissez votre cerveau se concentrer sur une seule chose à la fois. Puis observez ce que ça change, non pas dans votre horaire, mais dans votre façon de vivre ce moment.

Avant de vous quitter, j'aimerais vous laisser avec une pensée.

On passe beaucoup de temps à chercher comment gagner quelques minutes.

Et si le vrai changement consistait plutôt à habiter pleinement celles que nous avons déjà, sans les partager entre deux tâches?

Je vous souhaite une semaine où vous n'aurez pas besoin de faire plus, mais où vous aurez peut-être la chance de vivre un peu plus pleinement.

À la semaine prochaine.

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Et si les plus beaux moments étaient justement ceux qu'on n'avait pas prévus?