Et si on retrouvait notre capacité à nous émerveiller?

L'autre jour, je marchais tranquillement. Devant moi, un petit garçon s'est arrêté.

Sa mère a fait quelques pas avant de réaliser qu'il n'était plus derrière elle.

l lui a montré du doigt une file de fourmis qui transportaient une feuille beaucoup trop grande pour elles.

Il les regardait comme si c'était le spectacle le plus fascinant du monde.

Je suis restée quelques secondes à les observer moi aussi. Puis je me suis demandé une chose.

Depuis quand passons-nous aussi vite devant ces petits moments?

Pourquoi les enfants s'émerveillent plus facilement que nous

Ce n'est pas que les enfants ont un cerveau plus curieux que le nôtre. C'est qu'ils n'ont presque rien classé.

Pour un adulte, une fourmi, un nuage, une flaque d'eau, tout ça a déjà été vu des milliers de fois.

Le cerveau possède un système dont le travail est justement de repérer ce qui est nouveau ou inattendu dans notre environnement, et de diriger notre attention vers ça en priorité.

Le problème, c'est que ce système fonctionne par comparaison avec ce qu'on connaît déjà.

Plus une chose est familière, moins elle déclenche cette petite décharge d'attention et de plaisir qu'on appelle l'émerveillement.

C'est ce qu'on appelle l'habituation. Le cerveau économise son énergie en cessant de réagir à ce qu'il a déjà catalogué.

Chez un enfant, presque rien n'est encore catalogué.

Chez un adulte, presque tout l'est. Ce n'est donc pas que le monde est devenu moins intéressant. C'est que notre cerveau a appris à ne plus s'y arrêter.

Charlie (ma chienne) ne marche pas comme moi

Depuis quelques semaines, Charlie revient souvent dans mes réflexions.

Quand on part marcher, elle ne semble jamais pressée d'arriver.

Elle s'arrête, elle renifle, elle regarde et elle repart.

Pendant longtemps, je trouvais qu'elle ralentissait notre promenade.

Aujourd'hui, je me demande si ce n'est pas moi qui voulais aller trop vite.

Elle ne cherche jamais à rentabiliser sa marche.

Elle est simplement là, avec un système d'attention qui n'a pas encore décidé que tout est déjà vu.

Ce qu'on peut faire pour retrouver ce réflexe

La bonne nouvelle, c'est que l'habituation n'est pas irréversible.

Il suffit parfois de ralentir suffisamment pour remarquer un détail qu'on croyait connaître par cœur, et le cerveau réagit à nouveau.

  • Un rayon de lumière différent sur une rue qu'on emprunte tous les jours.

  • Une texture qu'on n'avait jamais vraiment regardée.

Ce n'est pas le monde qui doit changer pour qu'on s'émerveille à nouveau.

C'est simplement l'attention qu'on lui accorde qui doit ralentir assez pour laisser une chance à ce petit système de repérage d’effectuer son travail.

🌿 Une minute pour soi

Cette semaine, je vous propose une expérience toute simple.

Pendant une promenade, choisissez un seul détail autour de vous.

Regardez-le vraiment, pendant une minute, sans téléphone, sans objectif.

Donnez à votre cerveau la chance de le voir comme s'il ne l'avait jamais vu. Vous serez peut-être surpris de tout ce qui était déjà là.

Avant de vous quitter, j'aimerais vous laisser avec une pensée.

On croit souvent que la vie devient plus belle lorsqu'il nous arrive quelque chose d'extraordinaire.

Et si elle devenait surtout plus riche lorsqu'on ralentit assez pour que notre cerveau redécouvre l'ordinaire?

Je vous souhaite une semaine remplie de petits émerveillements.

Pas parce que le monde aura changé.

Parce que votre regard aura peut-être ralenti juste assez pour les remarquer.

À la semaine prochaine.

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Et si on arrêtait de vouloir rentabiliser chaque moment?